Gaïa

À cet endroit dont toi seul as le secret,

Au contact de celle qui est un peu partout, manifeste et invisible.

Un texte écrit avec amour, avec du sucre, sans épice. 

 

Au hasard d’une ballade en pleine nature, tu t’es laissé saisir par l’instant et j’étais là, manifeste et invisible.

Lorsque tu t’es étendu sur l’herbe sèche, que de fines brindilles se sont mises à craquer dans le creux de ton dos, c’était moi qui frémissais de t’accueillir dans mon lit.

Tandis que tu regardais en direction de l’horizon et visais l’éternité, c’était moi qui t’observais. Depuis cette ligne imaginaire qui affleurait, pendant que tu rêvais, j’ai caressé ta peau de mon souffle chaud et humide, et tu as aimé.

Lorsque tu t’es laissé pénétrer par la promesse de l’instant, que tu as ressenti cet apaisement, cette douce quiétude inspirante, loin de tout et si proche de ce que tu voulais, c’était moi qui te poussais.

Dès que tu retourneras dans cet endroit dont toi seul a le secret, je serai là, éclatante, parfois évanescente, au gré des saisons. Tu me retrouveras comme un souvenir qui surgit d’un présent que tu laisseras échapper, et qui viendra à nouveau te surprendre.

En cet fin d’été, lorsque le sable se dérobera sous tes pas mouvants, ce sera moi qui jouerai avec toi. Je continuerai de lécher ta peau de soleil ; de fins rayons te chaufferont de leurs langues brûlantes, même sous le tissu de tes vêtements qu’il te faudra retirer. Alors, tu me sentiras mordre ardemment ta peau, puis t’envelopper d’une seule et même étreinte chaude et persistante.

Puis, la brume et le vent d’automne viendront inlassablement s’engouffrer dans le creux de tes bras, qu’il te faudra serrer si tu veux m’embrasser. Alors, je t’échapperai, virevoltante et mutine, te refusant le moindre baiser mouillé ; mais je reviendrai encore et encore charrier l’épaisseur de tes vêtements que je piquerai d’une bise humide. Je porterai inlassablement tes pas, même s’ils se font lourds. Ils presseront le sol détrempé et raviné par les pluies maussades qui auront d’abord ruisselé sur mes joues, avant de caresser les tiennes.

Cet hiver, il fera si froid que tu ne sauras pas d’où il provient. Il te prendra tout entier et je te volerai le moindre frisson. Pendant que ton regard pénétrera l’azur, comme une plongée dans l’eau glacée, je viendrai te fouetter les lèvres qui ne se tromperont pas lorsqu’elles sentiront mon baiser gelé. Un baiser comme un glaçon qui adorera se laisser fondre dans la chaleur de ton parfum, mon tout dernier refuge.

Au printemps… Au printemps, en délice de la nature, les sens émerveillés, je renaîtrai, tout comme toi. Si tu m’invites, j’oserai venir prendre ta main dans la mienne. Je m’étendrai sur la verdure luxuriante et fraîche, mon corps près du tien. Ensemble, nous regarderons le ciel comme un fils que la terre épouse par endroits, là où l’horizon file. Puis, seuls, sous le charme des étoiles, l’air relié à la terre comme le désir au feu, ce sera toi que je sentirai, tout près de moi…

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